La version française
 

"Ins Unerkennbare...in ihm vermengt sich, was der Mensch zu erfahren hofft, mit dem, was er nie erfahren wird."
André Malraux

 

 

 

Über meine Arbeit

 

Ich arbeite seriell. In Variationen von Ideen und Möglichkeiten, die sich während des Malens ergeben, einerseits konzeptuell, andererseits sehr spontan. Gegenständliches und Ungegenständliches sind für mich nur zwei Pole. Die Bewegung dazwischen treibt meine Malerei voran. Die inhaltlichen Bezüge erscheinen in visuellem Spiel: Die Sinnlichkeit der Malmaterie, die Texturen des Dargestellten, die Linien, plastischen Formen, das Leuchten, Durchscheinen und Abdunkeln, die Rhythmen von Bewegungen, das Vor und Zurück von räumlichen Spannungen. Ein Bild zu beginnen im Weiß voller Möglichkeiten, das ist für mich Freiheit. Besonders in den kleinen Formaten kann ich immer neuen Impulsen folgen, aufgewühlt und verführbar. Versuche mich zu orientieren, Ordnung zu schaffen, aus dem Entworfenen Malerei zu machen. 

 

 

 

Jörn Kempfer
Malerei und Skulptur

 

 Nach seinem Wegzug aus Berlin richtete sich der Maler und Bildhauer Jörn Kempfer im März 2010 ein Atelier im gerade gegründeten Künsterhaus Hafenkult in Duisburg ein. Begeistert von der Atmosphäre des neuen Ateliers mit seiner Lage direkt am Hafen und seinem Ausblick auf die Kräne und internationalen Container begann eine sehr produktive Zeit für ihn.

 

Oft arbeitet er in seiner Malerei wie ein Bildhauer. Er geht von einer monochromen, meist schwarzen oder braun-bläulichen Farbfläche aus und arbeitet dort hinein durch Auflösen oder Wegnehmen der Farbmaterie.
Oft geht er aber auch völlig anders vor und lässt dem Weiß des Malgrundes größten Spielraum. Dann bleibt der Prozess der malerischen Illusion sichtbar. Er spielt mit trompe l'oil - Wirkungen. Der Betrachter vermag nicht genau die Bildebene der Darstellung zu verorten, die zugleich hinter und vor der Bildgrund zu sein scheint.

 

Jörn Kempfer hält beim Malen keine Systematik ein, vielmehr arbeitet er spontan und ungeregelt. Daher resultiert eine sehr spezielle Art des Vorgehens: Der Künster malt auf große, auf Holzplatten nur angeheftete Leinwandstücke, die er erst im Nachhinein nach Fertigstellung der Bildfindung auf Keilrahmen aufspannt. Dies erlaubt ihm beim Malen bis zuletzt größtmögliche Spontanität, um den Verlauf seiner Malerei offen zu halten und jederzeit Veränderungen der Kompostion in Form und Größe vornehmen zu können. So kann sich beispielsweise ein Hochformat beim Prozess des Malens in ein Querformat verwandeln.

 

Nach eigenem Bekunden liebt er es, ein Bild auf dem Weiß voller Möglichkeiten zu beginnen. Das sei Freiheit für ihn. Oft entwickele sich ein Bild wie eine plastische Explosion auf der Fläche in dem Nichts des Weiß.

 

Plastische Konfigurationen entstehen im Arbeitsprozess, teils mit, teils ohne konkrete gegenständliche Bezüge. Gegenständliches und Ungegenständliches ist für ihn dasselbe. Die Bewegung der Malerei ist ihm wichtig.
In seiner Malerei geht es um Licht, Raum, Plastizität, Textur. Das Motiv ist Emotion. Zugleich mit ihren inhaltlichen Bezügen haben Bilder ein rein visuelles Eigenleben: Die Sinnlichkeit der Farbmaterie und der entstehenden Texturen, die plastischen Wirkungen, das Leuchten, Durchscheinen und Abdunkeln, die Kontraste und Rhythmen von Bewegungen im Vor und Zurück von räumlichen Spannungen. Davon sei er während des Malens in wechselnden Leidenschaften besessen, sagt der Künstler.

 


Er arbeitet in Serien. Dabei wandelt er seine Ideen ab und probiert Möglichkeiten aus, um die stärkste Wirkung zu finden.

 

Das gilt auch für seine Bildhauerei. Oft benutzt er dazu im Flussbett gerundete Findlinge aus Marmor. Mit der Maschine und speziellen Meißeln werden Eingriffe vorgenommenen. Schlagen, schneiden oder schleifen erzeugen verschiedene haptische und, der Visualität der Malerei nahe, auch optische Texturen. Bei diesen Skulpturen geht es um räumliche und strukturale Gliederungen. Der Prozess des Eingriffs in die vorgefundene Form bleibt rekonstruierbar. Vorgefundene und hergestellte Formen erzeugen visuelle Spannungen.
Die Verwendung des Marmors als Werkstein resultiert aus seiner Lehrtätigkeit an der Scuola di Scultura di Peccia im Tessin. Die Schule ist unmittelbar am Marmorsteinbruch gelegen.

 

Bei anderen Skulpturen geht es um kinetische Aspekte. So bei den Bodenskulpuren. Auf kleinen,  gerundeten Steinen sind Kuben oder Platten aufgesetzt, die in leichte Schwingung versetzt werden können. Bei anderen Skulpturen ist die Spannung von Balance und Schwingung in vertikaler Ästhetik  thematisiert. Wieder andere gehen von der in der Meeresbrandung enstandenen Rundheit von Steinen aus und stellen in formalen Analogien mit anderen Materialien Zeitbezüge her.

 

Malerei und Skulptur sind für ihn nur Pole der selben Sache, wie er sagt. Die Bewegung dazwischen bringe ihn weiter.

 

 

 

"Menschen und Steine versöhnt allein die Metapher."
William Carlos Williams

 

 

 

La version française

 

Peinture et sculpture

 

Après avoir longtemps vécu à Berlin, le peintre et sculpteur Jörn Kempfer s’est installé en mars 2010 dans un atelier de la maison d’artistes « Hafenkult » récemment créée à Duisbourg en Allemagne. Il est enthousiasmé par l’atmosphère de son nouvel atelier situé au port fluvial sur le Rhin et donnant sur les grues et les conteneurs internationaux. Une période très productive débute alors pour lui.

 

L’artiste travaille souvent sa peinture comme un sculpteur. Il part alors d’une surface monochrome, généralement noire ou brun-bleue, et incruste pour ainsi dire son sujet en dissolvant ou en retirant la pâte de couleur.

 

Il lui arrive aussi de procéder tout autrement en laissant au blanc du fond jouer un rôle déterminant. Le processus de l'illusion picturale reste alors visible. L’artiste joue avec les effets de trompe-l’œil. Celui ou celle qui regarde ses tableaux ne peut pas situer avec exactitude le plan pictural de la représentation qui semble être à la fois sur le devant et en arrière-plan.

 

Dans son travail, Jörn Kempfer n’applique aucune méthodologie. Au contraire il peint d'une manière spontanée ne répondant à aucune règle. Il en résulte une manière de travailler très spécifique : l'artiste peint sur de larges morceaux de toiles simplement agrafés sur des plaques de bois. Ce n’est qu’après avoir terminé son tableau qu’il le tend sur un cadre. Cette technique lui permet de conserver jusqu'au bout la plus grande spontanéité possible pour laisser à la peinture son libre cours et pouvoir modifier à tout moment sa composition au niveau de la forme et des dimensions. Un format vertical peut alors se transformer en un format horizontal durant le processus pictural.

 

Selon ses propres propos, l’artiste aime l’instant où il débute une peinture sur le fond blanc et où tout est possible. Pour lui, c’est ça la liberté. Souvent un tableau jaillit comme une explosion sculpturale dans le néant du blanc.

 

Des configurations plastiques naissent durant le processus du travail, engendrant parfois des allusions figuratives concrètes. Pour le peintre, il n’y a pas de différence entre le figuratif et le non-figuratif, seul le mouvement inhérent au processus pictural lui importe.

 

Sa peinture traite de la lumière, de l'espace, de la plasticité, de la texture, de l’émotion. Indépendamment de leur connexité thématique, ses tableaux existent aussi par eux-mêmes d’un point de vue purement visuel : sensualité de la matérialité des couleurs et des textures créées, plasticité, brillant, translucidité et opacité, contrastes et rythmes des mouvements de va-et-vient au cœur des tensions spatiales. En peignant, je suis habité par des passions changeantes, explique l'artiste.

 

Ses tableaux sont empreints à la fois de réflexion et de spontanéité. Pour le peintre, ils sont métaphoriques. Il s’agit avant tout de parvenir à une unité et de trouver une forme picturale claire et forte.

 

Il travaille par série. Il peut ainsi faire évoluer ses idées et explorer différentes possibilités picturales afin d’obtenir l’effet le plus expressif.

 

Il en va de même pour sa sculpture.

 

Il utilise souvent des galets de marbre trouvés dans une rivière et polis par l’eau. Il les travaille ensuite à la machine et avec des ciseaux à pierre spéciaux. Les coups, les entailles et le meulage créent différentes textures haptiques rappelant les effets et l’apparence de la peinture. Ces sculptures traitent de l’organisation tant au niveau de l’espace que de la structure. Le processus de l'intervention sur la forme modelée par la nature reste perceptible. Des tensions visuelles jaillissent entre la forme naturelle et la forme fabriquée. L'utilisation du marbre comme matériau de travail résulte de son activité comme chargé de cours en sculpture à l'école de sculpture suisse Scuola di scultura, à Peccia au Tessin. L'école se trouve juste à côté d’une carrière de marbre.

 

D'autres sculptures traitent d’aspects cinétiques, notamment les sculptures au sol. Des cubes ou des plaques placés sur des pierres rondes sont facilement mis en mouvement et oscillent légèrement.

 

D’autres sculptures illustrent la tension entre l’équilibre et l’oscillation tout en créant une esthétique verticale.

 

D’autres encore s’inspirent de la rondeur des pierres polies par le ressac de la mer et créent des liens temporels par leurs analogies formelles avec différents matériaux.

 

Pour Jörn Kempfer, peinture et sculpture ne sont que les pôles d’une seule et même chose, selon ses propres mots. Le mouvement entre ces pôles le fait progresser.

 

Jörn Kempfer. A propos de ma peinture

Dans le cadre de ma peinture, de mes travaux de gravure ou de ma sculpture, je travaille avec toutes les techniques et les matériaux qui conviennent à mes passions changeantes.

Les images naissent d’impulsions irrationnelles, sauvages. On les suit, on essaie de s'orienter et de mettre de l'ordre. Mais on n’en a jamais fini avec elles. Avec un peu de chance, l'image devient une porte.

Le figuratif et le non-figuratif se côtoient depuis toujours dans ma peinture. Ces deux pôles tant du point de vue du contenu que de la forme ne constituent pas une contradiction à mes yeux. En fait, c’est le mouvement entre ces pôles qui fait progresser mon travail.

Mes tableaux sont pour moi métaphoriques. Qu’il s’agisse de peinture pure sans sujet ou d’une peinture figurative, son apparence est dictée par l'essentiel. En plus de leur évocation thématique, les tableaux exercent une fascination visuelle authentique. Conceptualité et spontanéité les déterminent à part égale.

Je n’utilise que le pinceau pour remuer et donner forme à la couleur de manière à produire des impressions plastiques comme des vagues, des arêtes, des échelons, encoches et espaces. Du travail de la pâte naissent structures, agencements, divisions.

Dans certains travaux, le blanc de la toile joue un rôle important. Le fond n'est pas conçu comme l’illusion d’un espace pictural. Il reste volontairement visible comme fond matériel, donnant naissance aux effets plastiques issus du processus du travail par l’application et le mouvement du pinceau sur la toile. La dilution de la couleur crée des impressions très lumineuses et transparentes.

Pour cette nouvelle série, je travaille avec de la peinture à l’huile, parce que celle-ci, contrairement à la peinture acrylique qui sèche très vite, peut être travaillée longtemps et permet de former lentement les effets recherchés avant que la pâte ne se solidifie.

Je travaille de manière sérielle en jouant avec les métamorphoses et les variations d’idées et de possibilités picturales qui se présentent à moi en peignant.

De nombreux tableaux n’ont pas de sujet. Il ne s’agit non pas d’un réalisme de l’apparence mais d’une exploration. Mais qu’est ce que cela veut dire « réalisme » ou « abstraction »? En peinture le propos est toujours l'essence, et par conséquent la réalité. Et, en même temps, mystérieusement l'essence picturale n'est pas la réalité, mais l'abstraction.

Comment ne pas freiner immédiatement à la vue d’une image aussi picturalement abstraite que celle du Stop de la circulation ? La réalité ne doit pas toujours correspondre à l'apparence des choses. Personne ne sait ce qu’est la réalité. Pourtant il faut s'en faire une image claire non seulement à chaque instant de la vie quotidienne mais aussi dans l’art.